Chapelle Saint Lambert




               Située rue du Collège la chapelle Saint Lambert est le dernier vestige de la présence des ordres religieux dans les siècles passés; 
c'était la chapelle des Sépulchrines.

                                   qui étaient les Sépulchrines?

              Comme l'indique leur nom, ce sont des religieuses du Saint Sépulchre, ( Le Saint-Sépulcre est, selon la tradition chrétienne, le tombeau du Christ )
dont l'ordre remonte au 12°siècle. ces chanoinesses s'adonnent à l'enseignement; elles s'installent dans de nombreuses villes et notamment Liège ( 15° siècle

             C'est en 1634 que cinq des leurs obtiennent du Prince-Évêque et du Magistrat, de quitter leur couvent de Malmédy pour s'installer à Verviers .On pense que c'est au-dessus du Mont du Moulin qu'elles se fixèrent provisoirement( n° 7 et 9 ) ; on les appela familièrement "Religieuses  des Bons Enfants", évoquant le nom de la rue où elles avaient un couvent à Liège.

            Mais bientôt, elles achètent  un terrain au Nord du " petit Werixhas" c'est à dire l'actuel rue du Collège, appelé ainsi "Wirchet" des Béguennes", ensuite de leur implantation. Au modeste cloître et oratoire primitif, succède une chapelle plus vaste dédiée à Saint Jacques et Saint Augustin ; elle commence en 1734, elle est achevée en  1737 et consacrée en 1741; elle comprend le chœur des religieuses et la chapelle accessible au public; la famille Franquinet "riche famille de Verviers " contribua par ses largesses à l'ameublement de la chapelle et une abbesse (Sœur supérieure d’un monastère de femmes ) en est issue; sa pierre tombale se trouve dans la chapelle et un portrait de cette religieuse est au musée Communale.



           Sous le régime Français, l'ordre est dissous (1797), et en 1799, ses biens remis au bureau de bienfaisance de Verviers. Par la suite , sous l'empire (1807), l'ancien couvent servi à loger un collège communal et son internat; il fut fermé en 1826; incendiée en 1873, puis en 1874, l' "Ecole industrielle et littéraire", et enfin l'"Athénée Royal" (1880) jusqu'à l'érection du bâtiment de la rue du Gymnase.

          Quant à la chapelle, en 1803, elle devient une succursale de Saint Remacle; de 1860 à 1919, elle sert à la colonie allemande assez nombreuse à Verviers.La statue de la Vierge surmontant l'entrée de la chapelle porte la date de 1884. En 1845, à leur arrivée à Verviers, les jésuites en étaient desservants  au lendemain de la guerre 1914-1918, l'association allemande est dissoute et le poste de chapelain retourne à St Remacle. 

        Le cloître fut démoli en 1879; la chapelle avait été agrandie et elle contient de magnifiques boiseries. Déjà en 1819, on l'appelait "Saint Lambert" par le souvenir de l'évêque de Liège.



      
       Saint Lambert ( 7° et 8° siècles) naquit à Maastricht (636 ?) et en devint l'évêque en 669; à la suite de troubles, il en fut banni en 674 et il se retira durant 7 ans, comme moine à Stavelot. En 681, il est rappelé par Pépin de Herstal et redevient évêque de Maastricht. Ayant blâmé Pépin concernant ses relations avec Alpaide, il est assassiné, par vengeance, le 17 septembre 708 où 709 dans un village de Liège. Il fut enterré à Maastricht  , en l'église Saint Pierre. Saint Hubert ( cfr Place Saint Hubert ) lui succéda et fit bâtir l'église, là où il avait été tué; il y rapporta son reliquaire, Liège devant le siège de son évêché (721)  et Saint- Lambert son patron. La cathédrale St Lambert qui se trouvait sur la place du même nom fut démolie sous l'occupation française et le reliquaire est encore visible, de nos jours, en la cathédrale St Paul. Par delà toute option religieuse, St Lambert est l'objet d'une grande vénération.




Quelles que soient les qualités intrinsèques d'un monument, une  œuvre bâtie ne prend toute sa signification que dans le contexte historique non seulement de sa création mais aussi de son évolution ultérieure. À fortiori, c'est le cas pour la chapelle Saint-Lambert de Verviers rue du Collège dont le contexte initial - un petit couvent de l'époque de la Contre-réforme doté d'un vaste espace vert courant jusqu'à la Vesdre - a totalement disparu à l'exception de la chapelle pour laisser place à tout autre choses. Aujourd'hui, un café de jeunes, un restaurant de qualité, six maisons dans la rue Masson, le hall omnisports et le bâtiment principal de l'Athénée occupent le site de l'ancien couvent des Sépulcrines dans des constructions signées Auguste Vivroux, Charles Thirion et Bruno Albert, trois grands noms de l'architecture wallonne. C'est autant l'histoire de celles-ci que des bâtiments du couvent disparu qui est retracée dans ce Carnet.








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